Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 21:00

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Péchés capitaux


Autre expression pour retenir les 7 péchés capitaux : " CE GALOP "

 

(entendu cité par Jacques Lacarrière lors d'une interview sur France-Culture)
(Colère, Envie, Gourmandise, Avarice, Luxure, Orgueil, Paresse

 

un film : SEVEN

 

Par latululireli - Publié dans : E L P C
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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 00:14

 

"Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux.

 

Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions. "

 

Lettres à un jeune poète, Rainer Maria Rilke

 

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Rue de CLOCHE-VILLE


Dans un coin de ma tête
Un Alphabet décomposé

Errance en apesanteur
De maux-mêlés entrecroisés
De mots chantés en sourdine
Paroles d’anciennes rondes enfantines.

Motus et bouche soudée,
Pavillon bas prêt à sombrer.

Des mots mâchés et rabâchés
Couper le son.
Chuchotements désemparés.
Couper les ponts alambiqués de la douleur,
Un garde-flou, contre la peur.

Déguisement de Carnaval
Loups de satin et mots fardés
Coups de chagrin et mot-fumés.

Pour tromper l’Ennemi réciter la comptine
Rictus et bouche plombée
Pavillon bas prêt à couler.

Souvenir d’un refrain lancinant
De maux scandés comme une vieille rancune
Dérision - Illusions - COMME UN CRI DE GUERRE
Dérisoire - Illusoire - Comme une fureur bâillonnée.

OSER
parce qu’on ne peut pas renaître,
Egrener les maillons d’une chaîne rendue à la mémoire

OSER
pour ne pas disparaître
Relire à VOIX HAUTE
la ligne effacée du grand livre d’histoire

Dans le coin de la pièce,
Assis et silencieux,
Quelqu’un
ECOUTE…



Juillet 1991

 


Par latululireli
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 22:58

 

Le cours de Jacques-Alain-Miller
Un effort de poésie

 


Extraits de l'Orientation lacanienne III, 5, Un effort de poésie, choisis et établis par Catherine Bonningue
 

 

L’ESPRIT DU TEMPS


La psychanalyse désormais communique avec l’esprit du temps. Peut-on dire qu’elle est comme infectée de l’esprit du temps ? — alors que, depuis toujours, on sait qu’elle est fille de son temps et qu’elle a marqué l’esprit du temps, qu’elle en est une composante. Oui, mais quelque chose a été tout de même là déplacé.
Aux États-Unis, en 1975, Lacan disait : “ L’analyse est actuellement une plaie. Elle est en elle-même un symptôme social, la dernière forme de démence sociale qui ait été conçue. ”
Qualifier la psychanalyse d’être une plaie a des résonances que l’on pourrait faire virer à lui donner une valeur de castration sociale. C’est vrai qu’elle comporte que la dérision que Lacan volontiers à la fin de son enseignement tournait vers la psychanalyse, est celle-là même que la psychanalyse peut étendre à tout ce qui est idéaux et institutions. C’est vraiment lui faire goûter son propre brouet, ce qu’elle sert partout, la psychanalyse, de ne pas l’en excepter elle-même.
Dans plaie, il y a cette valeur de fléau, au sens où l’on parle des sept plaies d’Égypte. C’est cohérent avec ce que Lacan pouvait énoncer d’une démence sociale que serait la conception même de la psychanalyse et doit s’entendre sur le fond de ce qu’il se laissait aller à formuler d’un “ tout le monde est fou ”. Aussi thèse de son dernier enseignement, qui consiste à s’installer dans une perspective où le clivage de la névrose et de la psychose cesse d’être pertinent, où névrose psychose et perversion apparaissent dans cette perspective comme autant de dispositifs de défense contre le réel.
13 novembre 2002


L’ORACULAIRE


La psychanalyse s’est expliquée et a été mise à la portée du tout venant, et d’abord par Lacan qui a voulu qu’elle devienne exotérique. Il n’est par là pas immérité de sa part de prétendre avoir répercuté l’esprit des Lumières. Mais on constate en même temps que, vingt ans après sa mort, les dits de Lacan sont scrutés comme ceux d’un Adevin. Les chiens dévorants s’en donnent à cœur joie et dépècent ce que Lacan a dit. Certes, il ne parlait pas au hasard, ce n’était pas un discours aléatoire, et de bons esprits se sont attachés à recomposer la logique de son discours. La logique n’efface pas l’oraculaire, pour une raison qui est donnée par Lacan : “ Tout texte, qu’il se propose comme sacré ou profane, voit sa littéralité croître en prévalence de ce qu’il implique proprement d’affrontement à la vérité. ” La lettre est prévalente quand un sujet est aux prises avec le vrai. Comme c’est un homme des Lumières, il ajoute : “ La découverte freudienne montre la raison de structure de ce fait. ” Il impute qu’il y a une raison de structure à ce que le discours qu’il combat avec l’Ange, qui est aux prises avec la vérité, doit être d’autant plus à prendre à la lettre.
Il désigne par là la prévalence du signifiant sur les significations. Les significations sont de l’ordre de ce qui s’explique tandis que le signifiant se pose, il est de l’ordre de la création. C’est à partir de là où la création a son principe dans le signifiant qu’il y a ouverture du possible et que l’on peut calculer, combiner, supputer.
La vérité surgit d’un fiat. Elle n’est pas comparaison, ni adéquation, elle tient à l’acte. Lacan ne dit le dit premier qu’après une réflexion sur le cercle de l’énonciation, sur sa quadrature qui n’est résolue que par un acte. Le dit premier est un artifice, un produit de l’art, ou un produit de l’acte. C’est un actifice.
Une vérité dès lors est un délire si elle n’est pas prise dans un lien social. C’est ce que l’on vérifie chaque fois que l’on touche d’un peu près à la création de religions. Il faut que cette vérité fasse épidémie pour qu’on oublie qu’elle est, de structure, un délire. C’est pourquoi Lacan a voulu avoir une École, c’est-à-dire un lieu où l’on répéterait ses dits. On pourrait même argumenter que l’enseignement de Lacan est une défense contre le délire. D’abord en situant le dit premier dans la bouche de Freud, et donc en présentant son propre dit comme un commentaire en position seconde, et aussi en faisant tout pour collectiviser son dire.
20 novembre 2002



L’OBJECTION DU REEL


Le Faust moderne propose un nouveau marché à la psychanalyse. Comme thérapeutique, elle est recevable. Comme thérapeutique, elle est protégée. Frappe à la porte, sous ce mode, la triomphante rationalité technique et calculante, qui entend s’avancer dans ce domaine et affirmer, un peu plus tard, sa loi et ses principes. Mais cela commence toujours benoîtement, doucement.
Tout ce qui dans la psychanalyse n’est pas thérapeutique comme tel mais articulé au désir et à la jouissance, tout cela deviendra illisible, sera reconnu comme nocif et dangereux.
Le désir, en voilà un non-conformiste, excentrique, transgressif, immaîtrisable, et même radical, incomparable. Le problème avec le désir, c’est qu’il n’est pas démocratique.
La jouissance, c’est l’objection la plus forte à l’idée d’utilité directe. Le mot de jouissance gardera-t-il ou pas un sens ? Lacan ne pousse-t-il pas la provocation jusqu’à la définir par ce qui ne sert à rien. La jouissance ne fait pas du bien, ne s’inscrit pas dans l’harmonie des fonctions vitales. Ce qui, avant, était pris pour de l’observation, sera considéré, à partir de maintenant, comme une construction idéologique, et du plus mauvais goût, parce que la dernière mode est faite d’un regain du discours de l’homéostase. Ce discours de l’homéostase révèle sa face totalitaire par son impatience d’éliminer tout ce qui pourrait faire obstacle à ramener la tension au plus bas niveau. Voilà l’idéal, ramener la tension au plus bas niveau.
Comment allons-nous faire ? Freud n’était pas progressiste, Lacan le signale. Bien qu’il soit né du scientisme, de cette modalité du discours de la science se poursuivant sous le couvert du signifiant-maître du progrès, Freud a dressé en face de ce signifiant-maître si puissant en son temps un contre-signifiant-maître, celui de la répétition. De la même façon, par rapport à la croyance progressiste, Lacan a fait l’objection du réel.
27 novembre 2002


LA SEANCE D’ANALYSE


Réenchanter le monde, n’est-ce pas ce qui s’accomplit dans chaque séance de psychanalyse ? On s’abstrait de toute évaluation d’utilité directe dans une séance de psychanalyse. La vérité est que l’on ne sait pas à quoi ça sert. On se raconte. On écrit un chapitre de son autobiographie. Sauf qu’on ne l’écrit pas. On la raconte, on la narre.
C’est l’auto-bionarration, avec ce que cela comporte d’autofiction.

 

Chaque séance d’analyse, avec ce qu’elle comporte de contingence, de hasard et de misère, affirme néanmoins que ce que je vis vaut d’être dit. Une séance d’analyse n’est rien. Elle est prélevée sur le cours de l’existence.

On y formule ce qu’on peut, asphyxié que l’on est. On se dégage une heure pour pouvoir parler, avant d’être aussitôt repris par le rythme de l’existence.


Si peu que ce soit, une séance d’analyse est tout de même là pour démentir le principe de l’utilité directe. C’est la foi faite à une utilité indirecte, une utilité mystérieuse, une causalité que l’on serait bien en peine de détailler, dont on ignore par quels canaux elle passe, mais qui s’impose. Il y a, dans chaque séance d’analyse, une foi faite à l’utilité indirecte.


Une séance d’analyse est toujours un effort de poésie, une plage de poésie, que le sujet se ménage dans une existence, la sienne, qui est gouvernée par l’utilité directe. La poésie, lorsqu’elle s’accomplit sous la forme d’une séance d’analyse, veut dire que je ne me soucie pas de l’exactitude, de la conformité de ce que je dis ou de ce que je veux transmettre.
La séance d’analyse est un lieu où le sujet peut négliger la recherche de ce qui est commun et se concentrer sur ce qui lui est propre et n’arrive qu’à lui seul. Le sujet ne parle pas à l’analyste dans une séance, mais à mon analyste. A celui-là, à Un prélevé sur la foule. Il a avec lui ce lien qui est la langue. Si la langue est à tous, le destinataire est unique. L’analyste n’est pas irremplaçable, mais c’est Un qui est là pour acquiescer.
Ce qu’il fait fondamentalement. Il accueille, il dit oui. Il accuse réception au nom de l’humanité, au nom de ceux qui parlent.
Une séance d’analyse est comme une parenthèse, rien de plus, mais rien de moins.
Une parenthèse dans l’existence minutée du sujet contemporain, ce sujet qui est voué à l’utilité directe. La séance analytique est une plage de jouissance soustraite à la loi du monde, permettant aussi bien à cette loi du monde d’exercer son règne, lui procurant un relais, un soulagement, une halte, tandis que se poursuit cette extraction inlassable de plus-value, qui justifie, croit-on, qu’on existe.
5 mars 2003


UNE EPOPEE


La psychanalyse a partie liée avec la poésie. Une psychanalyse, c’est une invitation à parler, non pas à décrire, non pas à expliquer, non pas à justifier ou à répéter, et non pas vraiment à dire la vérité. Une psychanalyse est une invitation à parler, purement et simplement, et sans doute pour être écouté.
 

 

Lacan a désigné ce dont il s’agit dans une analyse par le terme d’épopée. Faire de sa vie, à la narrer, une épopée, cela consiste à faire un effort de poésie. La vie quotidienne de chacun peut être saisie, magnifiée, sublimée, par la poésie. Elle peut ne pas être considérée telle quelle, de façon réaliste, c’est-à-dire écrasée sur ce qu’elle est, mais au contraire être nimbée d’une aura que lui donne ce qu’on s’efforce à produire comme sens, et qui, par là, la dépasse.

 

On dit « interpréter », entendant par là ce qu’elle voudrait dire dans les dessous. Mais interpréter, c’est aussi bien viser ce qu’elle veut dire au-delà d’elle-même.
On se fascine sur le « en-deçà », sur ce que le discours peut convoyer de ce qui se laisse saisir sur le mode du cynisme, mais ce cynisme n’est que la réplique ou la grimace du sublime. La réduction cynique de ce dont il s’agit dans l’existence pourrait bien n’être que l’envers, l’ombre portée de ce que l’existence veut dire au-delà d’elle-même. Le cynisme frayerait ainsi la voie de ce qui est sublime.
 

 

C’est ce que veut dire épopée, par où Lacan désignait cette narration de ce qui vous arrive, contingent, hasardeux, de rencontre, et que l’analyse vous invite à tisser, à faire signifier au-delà du fait brut. Et ce, dans chaque séance d’analyse, chaque séance qui en elle-même donne sa place, favorise, invite, à cet effort de poésie.
La substance d’une épopée n’est peut-être que ce qui se produit, ce qui se décrit, ce qui tombe comme un cas, ce qui advient. L’épopée est un effort pour donner un sens à ce qui vous tombe dessus, et donc un effort pour aller au-delà. Ce que la psychanalyse amène d’en-deçà, le souterrain que creuse l’interprétation, n’est peut-être pas séparable du surnaturel auquel s’efforce l’épopée.


Qui jouit dans l’opération analytique comme épopée ? Le dispositif analytique comporte que ce n’est pas l’analyste. La jouissance de l’opération n’est pas le bénéfice de celui qui écoute. La jouissance est de l’autre côté, du côté de celui qui parle.


Il s’ensuit une définition de l’être analysant qui enveloppe et le signifiant et la jouissance, à partir de ceci que l’analysant jouit du signifiant. L’expérience analytique met en valeur que le signifiant peut être, pour le sujet, tourné à des fins de jouissance.
26 mars 2003


Jacques-Alain Miller


SOURCE  :

http://www.causefreudienne.net/index.php/etudier/le-cours-de-jacques-alain-miller/un-effort-de-poesie

 

Par latululireli - Publié dans : Passerelle
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 22:36

 

DOSSIER SOURCE : LEVURE LITTERAIRE 



 www.levurelitteraire.com/0NUMERO4/TEXTES/yvesdrag.htm

Entretien  avec  Yves Bonnefoy
 par Rodica Draghincescu


R.D.: Monsieur Yves Bonnefoy, est-ce que la poésie est en quelque sorte un jeu

« enfantin »? (J’ai mis des guillemets.)
 
Y.B.: Je n’aime pas la poésie parce que ce serait un jeu, mais je ne refuse pas pour autant le mot « enfantin ».

Et retirez-en les guillemets, s’il vous plaît: car il est temps de ne plus avoir peur de cette référence à l’enfance, qui permettrait, si on la prenait au sérieux, de comprendre ce qu’est la poésie, tout d’abord, mais même aussi d’accéder à une meilleure idée de ce que la vie devrait être.

La poésie est associable à l’enfance, et même à la toute petite enfance, d’une façon absolument essentielle, pourquoi? Parce que vers sept ou huit ans la cristallisation des grandes articulations conceptuelles de notre rapport au monde substitue à l’expérience ouverte et directe des êtres et des choses qui prédominait chez l’enfant, une représentation d’un grand nombre de leurs aspects qui sera désormais abstraite, et donc partielle,

si bien qu’ on ne pourra plus rester avec eux dans l’intimité d’avant, on ne les éprouvera plus de cette façon immédiate qui en faisait des présences pleines, qu’elles soient amicales ou ennemies.
 

 

C’est de cette présence – si intensément vécue, dans ces « années profondes », qu’on en éprouvait parfois de l’angoisse – que la poésie va se souvenir plus tard dans la vie, avec nostalgie.
 

Et elle aura alors le désir de la faire revivre, c’est ce rapport au monde on dirait perdu qu’elle entendra recréer par ses moyens propres.
Voilà pourquoi on peut donc bien dire que la poésie est enfantine. Il suffira d’ajouter cette précision que, du fait de cette intuition, l’enfance est aussi intense, aussi véridique, qu’elle peut sembler puérile au regard des catégories de la pensée et de l’action comme les pratiquent les adultes.
 

 

Et je me demande même si avec la fin de la petite enfance, à ce moment décisif de la coagulation de la pensée conceptuelle, une clef ne s’est pas perdue, depuis longtemps dans l’histoire de l’Occident, une clef qui aurait pu nous ouvrir une autre sorte de monde, si on avait su la préserver, et nous assurer une existence bien supérieure à celle que nous devons à notre idée «adulte » de la nécessité, et à notre valorisation en somme exclusive de la logique et des lois que celle-ci découvre dans le monde ou plutôt peut-être produit. « Soyez pareils à des enfants », cette injonction n’a pas été assez méditée, à travers l’histoire de l’Occident.


 R.D.: Mais quelle a été, pour vous, la conscience de ce passage, où se perd une forme d’intelligence, où commence en revanche, diriez-vous, le projet et la sensibilité proprement poétiques? Quel a été votre premier « désir poétique »? Pourriez-vous vous en souvenir pour vos lecteurs?


Y.B.: Mon premier, mon tout premier « désir poétique », je ne sais pas véritablement. Mais c’est une époque de ma vie que j’ai souvent à l’esprit; et j’ai évoqué ici ou là dans mes livres quelques-unes de ces situations où soudain l’on prend conscience de ce qu’auparavant on éprouvait de façon instinctive, sans y penser un changement qui tient au fait que maintenant c’est comme si une chose, une seule, semblait se détacher de la masse ouverte et mouvante des impressions vécues à l’époque précédente pour se signifier comme une présence encore mais cette fois isolée parmi d’autres réalités dont la lumière intérieure s’est affaiblie; et cette solitude, c’est alors ce qui fait signe à la personne particulière que l’on devient soi-même, c’est ce qui lui parle de ce que va être sa propre solitude dans les années qui suivront, c’est ce qui lui intime de garder en mémoire ce qui est en train de se perdre.


Par exemple, j’en parle dans l’Arrière-pays, ce fut à partir d’un certain jour, dans le pays des étés d’enfance, un arbre vu au sommet de la colline d’en face; et cet arbre, ce n’était pas simplement une part de l’horizon, il se dressait là-bas comme un être, il semblait m’indiquer qu il avait avec moi un rapport tout à fait personnel, me promettre qu’il allait m’accompagner dans ma vie, et je pouvais ainsi l’aimer comme un compagnon, sentiment nouveau, sentiment jusqu’à ce jour inconnu. Et par exemple encore, la grande rivière calme de ce même pays, venue de je ne savais quel amont chargé de mystère, et allant vers des lieux également inconnus mais dont la pensée me fascinait, sans doute parce qu’elle se confondait avec celle de l’avenir, de mon propre avenir encore inconnu. C’est dans de tels lieux de campagne
que j’ai le meilleur de mes souvenirs proprement poétiques, je m’en rends compte, aujourd’hui encore, à cause de quelques mots qui reviennent dans mes poèmes avec une insistance qui signifie à mon sens l’importance qu’eurent pour moi dans ces premiers temps et dans ce pays les réalités qu’ils dénomment.


Mots en somme originels, piliers de l’être au monde fondamental. 

Le mot pierre, par exemple, parce que j’aimais autour de moi la vaste étendue des causses, ces champs d’herbe rare et de pierres sèches du sud de l’Auvergne, mais parce qu’aussi je voyais dans le petit cimetière du village de vieilles pierres tombales où couraient des fourmis, des lézards, cependant que dans les cassures des dalles poussaient des orties, de la mousse. Ces stèles funéraires, d’ailleurs très humbles, ne me parlaient de la mort qu’en se déclarant des formes de vie encore, et c’est bien cette leçon-là que donne toute réalité qui n’est pas vécue par nous comme simple chose, qui est présence. Toute réalité, autrement dit, comme la poésie la reconnaîtra, la cherchera, la poésie qui n’est qu’un pays natal préservé, non pas nécessairement dans une région précise mais dans et par quelques grandes réalités élémentaires qu’on a appris à aimer.


R.D.: Vous parlez cependant volontiers d’une poésie d’essence métaphysique, celle que représente Scève ou Valéry, par exemple. Cette poésie-là n’est-elle pas en désaccord, cependant, avec la conception que vous venez d’exposer?
 
Y.B.: C’est vrai qu’il existe une poésie qui semble s’adresser d’abord à l’esprit, comme ferait le philosophe et se chercher parmi des idées plutôt que parmi des choses. Mais je ne la ressens pas pour autant comme nécessairement différente de celle que j ‘ai définie par l’intensification de notre regard sur les choses simples du monde, et cela dans notre existence de tous les jours. Car la métaphysique, dans les plus belles des œuvres dont vous parlez, ce n’est nullement une spéculation abstraite mais le pressentiment de l’unité qu’il y a par-dessous les aspects changeant de l’apparence, et cette unité, Scève a beau la nommer de façon qui paraît abstraite, il l’a vue affleurer dans le visage de Délie, un visage de femme bien réelle, et Valéry a beau avoir écrit dans le Cimetière marin quelques-unes des strophes les plus « philosophiques » de la poésie moderne, il a son désir fixé sur la mer dans laquelle il va se jeter, à midi, en plein soleil. Ce dont il faut se garder, c’est des poèmes qui exposent des systèmes de pensées, philosophiques ou politiques ou autres, non de ceux qui vivent en eux le débat de l’esprit et de la réalité sensible, du corps, des désirs. Il y en a eu de grands poètes pour exposer de tels systèmes philosophiques, à preuve Lucrèce, mais ce n’est pas par cet aspect de leurs poèmes qu’ils sont poésie, c’est par ce qui reste vif au dessous, c’est par leur expérience directe de la réalité la plus immédiate.
 
R.D.: Vous dites cela, et pourtant votre poésie se caractérise par la présence obsédante d’images « noires » et de mots aux préfixes négatifs.
Vous parlez d’ailleurs quelquefois de « théologie négative », et dans Pierre écrite encore, en 1965, vous écriviez « Je suis venu au lieu de nul soleil ».
 
Y.B.: Il se peut que dans mes premiers livres, c’est-à-dire jusque vers le milieu des poèmes de « Pierre écrite », précisément, aient prédominé des visions qui paraissaient noires, mais vous en trouveriez beaucoup moins dans mes écrits ultérieurs. Et surtout il ne faut pas croire que ces perceptions des aspects tragiques de la vie aient signifié pour moi, même en ces débuts, une quelconque prédilection, car elles n’avaient pour raison — en permettant à mon écriture de prendre conscience, vraiment conscience, de la finitude de l’existence, du lien intime de celle-ci avec le fait de la mort — que de m’aider à établir le rapport de l’esprit avec la réalité comme elle est.

Et ce qu’est celle-ci, ce qu’on y découvre quand la lucidité existentielle l’a dégagée des voiles dont la recouvrent nos peurs, c’est la vie, c’est la plénitude rayonnante des beaux moments de la vie. «Il te faudra franchir la mort pour que tu vives », écrivais-je dans Douve, et peu à peu c’est un fait que, par cette voie que vous dites « noire », je me suis retrouvé davantage « au monde », davantage en mesure d’aimer le monde pour ce qu’il est.


«Théologie négative », certes. Mais n’oubliez pas que le but de la théologie négative, c’est en constatant ce que Dieu n’est pas, d’assurer le champ libre au rayonnement de sa présence.

Je n’ai pas de dieux pour ma part, mais ce que ces mystiques disaient de Dieu, cela me paraît applicable à la vie, rencontrée dans les arbres, les pierres, les chemins, autant que dans les êtres que nous aimons.


R.D.: Pouvez-vous préciser ce que vous dites là de la relation du poétique et du religieux? Et définir, de ce fait, ce que peut être aujourd’hui ce lyrisme qui a toujours été le lieu de la poésie?
 
Y.B.: Utile est-il de le préciser, en effet, ce rapport du poétique et du religieux, parce que simplement l’évoquer suscite souvent des réactions hostiles, et des soupçons de toute nature, alors pourtant qu’il peut ne s’agir, dans ce rapprochement, que de quelque chose de très simple, qui a trait au plus naturel, au plus immédiat de notre rapport au monde.


Il est vrai que le mot « religieux » peut créer bien des malentendus, étant donné ses emplois par les Églises. Lesquelles ont eu tant à se reprocher, à travers les siècles, qu’il est normal que « religieux », cela sonne mal. Et pour ma part je n’ai « aucune religion », comme on dit, je ne crois en aucune surnature, en rien qui soit autre que la matière, et tout particulièrement l’idée du dieu personnel me semble inutilement occulter la relation d’exigence que l’on doit avoir avec soi-même. Si bien que vous allez vous demander pourquoi j’accepte d’avoir recours à ce mot, qui crée tant de malentendus dont je pourrais être la première victime.


Mais tout de même, aujourd’hui, avec vous, je l’emploierai volontiers, parce qu’il permet de poser un problème qu’il serait dommage de perdre de vue, celui de la place de la poésie dans la société, celui aussi de son avenir. Quand je vous disais tout à l’heure que l’objet de la poésie c’est la présence pleine des choses, je faisais apparaître un niveau de réalité qui par rapport aux représentations simplifiées et abstraites que notre pensée conceptuelle nous donne des choses et des êtres peut être dit transcendant, aussi transcendant que Dieu l’est pour les croyants. C’est simplement que la transcendance est une expérience toute simple, que l’on peut faire quand on regarde un rocher, ou un nuage, ou ces visages qui ne sont nullement, vous le savez bien, la somme des traits physiques de la figure, mais le regard, le sourire.
La transcendance est donc vécue par la poésie, alors qu’elle est aussi ce dont parlent les religions, et voilà qui pourrait donner à croire que la poésie et la religion sont des intuitions de même nature. Mais ce n’est nullement le cas. Car les religions se caractérisent par des croyances, qui substituent à l’expérience directe de la transcendance des représentations qui la conceptualisent, qui en font de la pensée —ce que l’on appelle les dogmes —, ce qui fait qu’il n’y a plus de réalité vraiment vécue dans le rapport au monde qui en résulte. Ce qui reste au même niveau d’expérience sensible que la poésie, c’est la façon d’être des mystiques, qui perçoivent l’unité dans la gorgée d’eau qu’ils boivent, dans le soleil sur le seuil de leur cellule, dans tout instant de leur vie, mais la mystique n’est pas la poésie pour autant.


Pourquoi? Parce que le mystique va si près de son grand objet qu’il laisse derrière lui le langage, et avec le langage la pensée de la société, l’intérêt pour les autres êtres, dont il n’attend que le même mouvement vers l’absolu. Et c’est là quelque chose de tout à fait extraordinaire, certainement, mais peut-on s’en contenter.


Si nous percevons la pleine réalité sous les représentations simplifiées que nous en donne la pensée conceptuelle, cette réalité, cet absolu, ne vont-ils pas se manifester aussitôt dans les autres êtres, ceux qui composent notre société humaine, et nous demander de rester solidaires d’eux, pour une rénovation collective de notre rapport avec le monde? La poésie regarde au-delà du langage, mais elle cherche à rapporter cette expérience à la société par la voie de sa parole. Elle est fondamentalement cette ambiguïté, et c’est cela qu’il faut reconnaître, pour bien apprécier ses apports. D’un mot, la poésie, c’est ce qui pourrait et devra délivrer la transcendance de l’emprise du religieux, et reconduire le mystique au sein de la société, pour en faire un être simplement aimant, désireux d’établir avec ses proches ce rapport plein qu’est l’affection.


R.D.: Est-ce que c’est cette conception de la poésie qui explique votre intérêt pour certaines œuvres, qui sont souvent évoquées par vous, en peinture ou littérature? Piero della Francesca ou Poussin ou Giacometti, Shakespeare ou Baudelaire ou Rimbaud?


Y. B.: Sans doute. Je vois dans certains grands artistes ce regard généreux qui rend à autrui le plein de son être, et du coup le laisse montrer des aspects de soi qu’aucune psychologie ordinaire ne serait capable de découvrir. Pourquoi Shakespeare est-il si extraordinaire, capable d’accéder à la vérité des êtres, dans son théâtre? Farce qu’il les aime, parce qu’il ne se laisse rebuter par aucun préjugé à leur encontre. Et qu’est-ce qui caractérise Giacometti? Le besoin de faire apparaître dans sa sculpture ou dans sa peinture non pas les traits du modèle mais son regard, le fait qu’il existe, en cet instant, devant lui. Je pourrais en dire autant de Poussin et de Baudelaire. Ce sont eux aussi des révélateurs du regard de l’autre. Et je suis heureux de les rencontrer, heureux de vivre dans la familiarité de quelques grandes œuvres de cette sorte, parce que cela me donne confiance, encourage.

(…) la suite sur  : http://www.levurelitteraire.com/


 Yves Bonnefoy

 

est né à Tours (Indre-et-Loire) le 24 juin 1923.

Par latululireli - Publié dans : Passerelle
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 22:07

 

Quelques bribes, en guise d’introduction aux deux articles qui suivent :
- entretien avec Yves Bonnefoy sur le site Levure Littérature
« La poésie est associable à l’enfance, et même à la toute petite enfance. »

- le cours de Jacques-Alain Miller :  Un effort de poésie
 

 

 

sáng mắt
Clair
·    sáng, sáng sủa; trong


o    Un feu clair
một bếp lửa sáng


o    Chambre très claire
phòng rất sáng sủa


o    Style clair
lời văn sáng sủa


o    Eau claire

nước trong

 

mắt


o    Avoir des yeux noirs
có mắt đen


o    Avoir l'oeil à tout
để mắt đến mọi việc


o    Voir les choses d'un oeil favorable
nhìn sự vật bằng con mắt thiện cảm


Est surligné ce que je lis/comprends/entendu


sáng mắt littéralement  « oeil clair », entendu comme « que l’éclair te foudroie » au sens et au son de la terreur biblique.
une vie qui serait sous les auspices des sons : sáng mắt et du cri du verbe crier  "la"

sáng mắt c’est une voix « introjectée » comme un œil – mais quel est-il ce d’euil là, ce  đời  la  qui signifie "vie"
cet deuil qui cri « la » qui signifie crier ………………………. un son qui cri …..

Ma langue paternelle étant le français, j’ai cherché des sons et des sens en correspondance dans les deux langues, et puis les homophones sont venus à la rescousse.

 
« Je suis née à Saïgon un an après la bataille de Điện Biên Phủ »


Le mot lucidité et bien d’autres ….ne viendront que bien des années plus tard,
quant à l’ œil, il poursuit sa course à travers les légendes et les siècles.

 


 

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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 06:43

bleunuit

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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 06:37

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Par latululireli - Publié dans : Couleurs
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 22:53

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OP

 

 

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Essais - Apophysis+Gimp

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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 03:08

 

Je sors,
Arène déchue
Jeux
Sorts
Piégée par un entracte
Prise dans les mâchoires de hurle-temps
Du temps du vain du vent
Dans « Ce galop » mnémotechnique
Un entre chien de guerre et loup
De carnaval on joue à s’envoyer des balles
Des graffitis en formulations poétiques
On se regarde à la loupe et pourtant  on se loupe

 

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Houppe !
un coup sur la tête, crête de coq à deux lames

Les cinquièmes hennissants entrent en piste
Baryton l’élégant téléphant trompettiste
Crincrin au ventre, à crocs et à cran
Et ce, au gré, malgré le courant

Accroc au temps qu’il fait qu’elle fée et défait
Qu’ils font font fondent au fil de l’an
Bon an mal en, hop hop hop trois petits bonds
Trois petits sons.

Hope
de mal en pis, de pis-aller, de fil en anguille
…..sous roche et à mille lieues sous les mers
De Chine, de corail et en bateau à voââ…le
d’allée venues en aller-retour sillonnant,
à contrario et vice-versa, ostinato et caetera

Une tête se balance sur sa monture 
Et bien que d’une main elle se raccroche au pommeau
Et que de l’autre elle essaie de maintenir son chapeau rigolo
Elle n’est plus sur ses épaules
Les pieds ont vidé les étriers dans l’étrillé homophone de la bosse à relire
où le cœur s’était immolé dans le U du fer à cheval


Apophysis7x-120108-7.png

Latululireli avait mis tout son cœur à écouter pousser les scions
dans la compulsion ou nasse laborieuse
A comparaître pour :
A comprendre à com…à com…
A contre-temps ?
A contre-Ut ?
A contrition ?
A condition ?
A confirmation ?
A contribution ?
A spirine ?

A cetéra …………..à accent grave, à éternuer devant l’éternité


B et C cédèrent alarmés devant les signes inquiétants que donnait le Zède qui n’en pouvait plus de poireauter sur Oméga, puis vînt le moment fatal où il prononça ces mots terribles :
« vroumvroum …Ô mes gars, quand Alpha se prend pour Roméo »

OK dit le H que la consternation rendait muet … déterrons le H de P,  encore sous le choc et horrifié par ce qui venait d’être proféré, il prononça ces mots admirables d’une rare ludicité  :
« Homéopathie pôv’ Juliette »

Cris et Chuchotements* dans l’assistance -  blâmes, blêmes, pâles, pelle.
*(Viskningar och rop) en suédois dans le texte Bergamote ? Bernadotte ? non pas Bernadette.

                                                                  BROUHAHA – INAUDIBLE

digressions diversions sur la respectabilité, la responsabilité, l’altruisme, le bouddhisme, le Gouda de Hollande.

Conciliabulbes et confusions – Des bas contradictoires sur la hauteur des hauts, sauts en  moteur et à la perche tendue aux contrevenants, à qui on suggéra le saut à l’élastique, le saut de l’ange, le saut en parapente, le saut de Carpe Diem…….la salsa, le double salto  …

ils y brûlèrent  mille et une nuits qui nuirent à leur prestige de prestidigitateurs -  mais pas trop loin s’en faut -  qu’on se rassure, même si parfois il y eut des vols de stylos-piques des plume de foie de morues, d’oie et autre feutre-mou, gratte-cul-   -- etc. 

Que faire ? Quid ? Quod ? Quo vadis ? Agenda ? problemo -

A bout de ressources, à bout de mèche, comme une lampe-tempête dans le lointain ouest’terne tout finit par s’épuiser.
Epuisée elle l’était  l’assemblée, aussi futon futé futile fût-il décidé que l’alphabet tout entier pris de convulsions compassion pour ce pauvre A qui n’en finissait pas de sécher tout seul sur une corde accrochée à son balcon.

Cette affectation affliction paralysait la libre circulation des lettres qui commençaient à débloquer sévère-grave. Il fut ainsi décidé qu’ils utiliseraient l’ultime médication méditative :

                                  Le grand A du grand  Atout de Tout –


tatoué sur le palpitant il est symbolisé par un nœud dans l’O
comme  « L’énigme » demeure insoluble même dans l’O de là et bien au-delà de l’eau-delà.
On en restera là.


et tant pis pour l’hermétisme de mon herboristerie en herbe………………
si j’ai écris  Houppelande en titre c’est parce qu’il faisait si frisquet au sortir de …
de bien de choses.
Et bien que le mot soit tombé en désuétude, ce mot me chatouille l’envie d’autres petits bonheurs.

* * *

 

Apophysis7x-120108-8.png

 

Epilogue


C’était pourtant gros comme un paquebot.
C’est toujours pour les mêmes raisons que ça arrive et ça arrive souvent dans la marine marchande.
Quand on croit que c’est arrivé, ça repart, c’est ce que font tous les bateaux, les oiseaux passereaux
passerelles.

* * *
 
A présent, papier tout froissé et cuir tanné cutané sur la jetée
Dans la corbeille, mâture mâtée, éclats éclatés,  flottille de bois flotté


Dans l’espace nu, mué en clairière

Perfusion à profusion, au sang d’encre, aquarelles au jus de prunelles
sur les stèles d’un musée de papier désaffecté.

Celeri - Sellerie - S-celle qui s’est leurrée, rend grâce ici à l’illusion

l’appâtée épatée a pris la pâtée
En dernière épis tâche

 

 

 

 

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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 17:01

2012 Bongetbaluche

 

 

Nắng vàng em đi đâu mà vội
Mà vội nắng vàng nắng vàng ơi
Mà vội nắng vàng nắng vàng ơi
Em đi đâu mà vội
Bống lòng suối thảnh thơi
Em đi đâu mà vội
Bống đùa bống đùa chơi
Em đi đâu mà vội mà vội
Bống này bống nhỏ nhoi

 

* Bống est un petit poisson semblable à notre gobie, il est aussi le nom de l’une des interprètes fétiches de Trịnh Công Sơn

 

 

 

 

Lumière dorée, où t’en vas-tu en toute hâte ?
En toute hâte, lumière dorée, oh lumière dorée
En toute hâte, lumière dorée, oh lumière dorée
Où t’en vas-tu en toute hâte ?
Bống est dans le coeur de la rivière sans se poser de question
Où t’en vas-tu en toute hâte ?
Bống plaisante, Bống s’amuse
Où t’en vas-tu en toute hâte, en toute hâte ?
Toi petit poisson*, petit poisson insignifiant  (...)

 


texte et traduction sur contes pour tous

 

Trịnh Công Sơn (1939-2001)

Trinh-Cong-So-n.png

 

 Les Amis de Trinh Công Son


Trịnh Công Sơn ou le mystère d’une poésie du désespoir

 

 

 

 

Apophysis7x-120108-2.png


* source image du "joli gobie" utilisée pour le montage :




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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 21:48

 

* * *

 

Nathan Milstein 

Arcangelo CorelliLa Folia

 

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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 20:49

 

Profondeur et simplicité
Entretien avec Michael Dudok de Wit par Gilles Ciment


« L’animation a ceci de particulier qu’un auteur majeur peut, à l’âge de cinquante ans, n’être l’auteur que de quatre courts métrages (dont un film de fin d’études et un pilote de série !).

 

C’est le cas de Michael Dudok de Wit, couvert de prix pour Le Moine et le Poisson (César, Cartoon d’or, nommé aux Oscar) et Père et Fille (Grand Prix d’Annecy, Oscar).


Sa technique sans pareille est audacieuse, consistant à tracer ses dessins au pinceau et à l’encre de Chine directement sur les cellulos, lesquels sont ensuite positionnés sur des décors aquarellés.

Quant à ses histoires, du moine poursuivant un poisson dans les réservoirs d’une abbaye romane à l’amour perdu d’une petite fille qui revient à vélo, toute sa vie durant, sur le lieu où son père a disparu jusqu’à ce que sa propre mort lui permette de le rejoindre, elles sont toujours empreintes d’une immense sensibilité. (…)


Suite de l’article sur le site de Gilles Ciment

 

à découvrir avec d’autres entretiens passionnants.

 

 



 

 

 

 


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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 17:29

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec Loïc Lantoine : le Thou'Chant Webzine Chansons


 

D’un chagrin, j’ai fait un repos

Au coin de moi, je nous regarde

Et on a tout pour être beau

Même si le temps nous retarde


Humain, c’est joli après tout


On travaillera nos rencontres

Pour unir les sages et les fous

Lire la même heure sur nos montres
Alors c’est rien, c’est la fatigue

Si on a peur encore du noir

Si on se cache, si on s’endigue

Dès demain, on retournera voir
On peut bien pleurer dans nos bras

Hier on se serrait les poings

J’ai pas senti qu’il faisait froid

Je reviens vite les copains
C’est pas la fin, c’est une pause

J’ai toujours eu envie des autres

De sourire à celui qui ose

De fou rire au moindre des nôtres
C’est juste *que c'est  la gueule au monde

Je sais on fait jamais assez

Je sais on en a bouffé de l’immonde

Et puis après ça va passer

 

Laissez vos lumières allumées

J’ai besoin de vous souvenir

 

Et si ce soir je vais pleurer

Ben demain je va revenir

 

Loïc LANTOINE

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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 17:02

Loïc LANTOINE "Pierrot"

 

 

 

 

 

Jean-Yves LELOUP - Site officiel

 

Extrait du texte

Tous les chemins mènent à la plage - un nouveau commencement pour la métaphysique

 

(..) Tous les chemins mènent à la plage, mais on peut s’arrêter en chemin, même à Rio ; un évangéliste peut interrompre votre chute nécessaire, vous le reconnaîtrez à son « air sauvé », c’est-à-dire, à son col presque blanc et à sa cravate « un peu froissé quand même », car « la grande perfection a connue un défaut » disait Lao Tséu. 

 

Il vous dira de ne pas y aller, qu’il y a des poissons pourris dans la baie et une variété incroyable de démons… il aura certainement raison, mais ce que nous recherchons aujourd’hui ce n’est ni une raison, ni une foi pour vivre.  Tout cela est charmant mais, oh, combien périssable!


     Nous cherchons seulement un « endroit tranquille »… une plage déserte sans doute, qu’on ne trouvera ni à Rio, ni ailleurs, si elle n’est déjà et d’abord dans notre cœur et dans notre tête avant de se communiquer à tous nos membres… une plage de silence…


      Toutes les philosophies, toutes les sciences, toutes les religions auraient dû nous mener à cette plage… nous nous sommes arrêtés en chemin, l’esprit de sérieux nous a privé de notre Esprit Saint… cette brise légère ou ce vent d’orage qui soulève nos vagues et fait danser nos poussières, là, si près dans les profondeurs de la peau… la plage finale (fini la lutte), « aurore » dirait Pessoa, d’une métaphysique, « Être et temps » de chien…


Par latululireli - Publié dans : Passerelle - Communauté : Electrons libres
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 14:30

Des cadeaux

 

Immatériels

 

pour NOS AILES

 

des


merci


rendre grâce tous les jours

des par don

par de là  du don

 

LE DON est aussi le nom d'un fleuve

 

 

 

MERCI - PARDON

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http://siprochedelhorizon.blogspot.com/2011/12/propos-du-desir.html

 

A propos du désir

"Pour moi, la vérité ultime, c'est ce qu'énonçait Swamiji : aucun désir ne peut être satisfait.

Mais Swamiji disait aussi : il vous faut essayer et essayer encore jusqu'à ce que vous en soyez convaincus.

 

Avec la répétition des expériences, l'être humain, graduellement, tire certaines conclusions, s'ouvre à la leçon de la vie.

 

On prend petit à petit conscience de l'impossibilité d'obtenir cet amour absolu que nos manques affectifs de l'enfance nous poussent à rechercher.

 

Et c'est lorsque l'on désespère dans le sens positif du terme, une fois que l'on admet la vanité de cette quête que la question existentielle devient plus authentique et profonde; on ne poursuit plus une chimère, et on commence à chercher la plénitude là où elle se trouve : dans la profondeur de l'être.

 

 Ce qui ne nous conduit pas à mépriser tout bonheur humain et à adopter une attitude négative, désabusée et cynique, bien au contraire.

 

Il s'agit seulement de se délivrer du processus d'attente.

 

On s'achemine, non vers le désespoir, mais plutôt vers le "non-espoir".

Denise DESJARDINS (Le défi d'être - Entretiens avec Gilles Farcet)

 

 

bébète4

 

 

 

Par latululireli - Publié dans : Couleurs - Communauté : Electrons libres
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ah vous dirais-je maman...

 

escargot.reptiis.jpegQu'il y a t-il dans une noix
Quête ? en quête ? contre-enquête ?

Questions en pas science...

mais un beau matin......

l'épreuve sans les preuves devient chemin.


Question de patience.

 


baluche-en-voyage-redboots-copie-1.jpegCultiver son lopin, son lapin,

ll'attraper par les oreilles, les bonds
les sons, les couleurs, attraper la balle au bond,

la balle et le son à Foison, à Foi Son...

c'est ce que fait madame la Baluche avec son silène,

le compagnon blanc

 

 

 

 


une mauvaise herbe,

images-compagnon-blanc1.jpg

Un pas, une pierre ...

 

Un pas, une pierre,
un chemin qui chemine Un reste de racine, c'est un peu solitaire C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil C'est la mort, le sommeil, c'est un piège entrouvert Un arbre millénaire, un noeud dans le bois C'est un chien qui aboie, c'est un oiseau dans l'air C'est un tronc qui pourrit, c'est la neige qui fond Le mystère profond, la promesse de vie C'est le souffle du vent au sommet des collines C'est une vieille ruine, le vide, le néant C'est la pie qui jacasse, c'est l'averse qui verse Des torrents d'allégresse, ce sont les eaux de Mars C'est le pied qui avance à pas sûr, à pas lent C'est la main qui se tend, c'est la pierre qu'on lance C'est un trou dans la terre, un chemin qui chemine Un reste de racine, c'est un peu solitaire C'est un oiseau dans l'air, un oiseau qui se pose Le jardin qu'on arrose, une source d'eau claire Une écharde, un clou, c'est la fièvre qui monte C'est un compte à bon compte, c'est un peu rien du tout Un poisson, un geste, c'est comme du vif argent C'est tout ce qu'on attend, c'est tout ce qui nous reste C'est du bois, c'est un jour le bout du quai Un alcool trafiqué, le chemin le plus court C'est le cri d'un hibou, un corps ensommeillé La voiture rouillée, c'est la boue, c'est la boue Un pas, un pont, un crapaud qui croasse C'est un chaland qui passe, c'est un bel horizon C'est la saison des pluies, c'est la fonte des glaces Ce sont les eaux de Mars, la promesse de vie Une pierre, un bâton, c'est Joseph et c'est Jacques Un serpent qui attaque, une entaille au talon Un pas, une pierre, un chemin qui chemine Un reste de racine, c'est un peu solitaire C'est l'hiver qui s'efface, la fin d'une saison C'est la neige qui fond, ce sont les eaux de Mars La promesse de vie, le mystère profond Ce sont les eaux de Mars dans ton coeur tout au fond Un pas, une " ... pedra é o fim do caminho E um resto de toco, é um pouco sozinho ... "

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine Un reste de racine, c'est un peu solitaire...

Georges Moustaki

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